Tableau chez Annie et Philippe Toussaint-Bensaïd
Les peintures de Christian méritaient, me semble-t-il, d’être rassemblées en un ouvrage de présentation au public ; je m’en étais ouvert à lui ; il n’avait pas donné suite. Mais quelque temps après le déclenchement de la maladie qui allait l’emporter, Christian m’a demandé si j’étais toujours d’accord pour ce projet. Bien sûr, j’étais d’accord ! Je suis venue l’écouter parler de sa peinture, de ses recherches, des différentes périodes de son œuvre. J’ai pris des notes et mis en textes ses paroles. Nous avons envisagé comment classer et illustrer tout ça et sommes passés, laborieusement, à une mise en page sur logiciel. Mais c’était énorme, nous n’en voyions pas le bout… Aussi l’ai-je réorienté vers la réalisation de son propre site internet, où Christian pourrait lui-même tout mettre en ligne peu à peu tout en voyant immédiatement le résultat. Ce qu’il a fait.
Plus tard, voulant me remercier du temps que je lui avais consacré, il m’a proposé de choisir un dessin dans un des tiroirs de son atelier, proposition qui m’a emplie de joie. Je me revois sortant les dessins les uns après les autres, procédant peu à peu par élimination dans cette série du cairn que j’affectionne particulièrement. À force de travailler sur ce thème et de s’en imprégner, Christian y voyait un édifice destiné à conduire les âmes des défunts vers leur résurrection, d’où ce cairn voguant tel un navire à travers le temps et l’espace, guidé par un phénix. Ce tableau est aujourd’hui accroché au-dessus de mon bureau. Je le vois tous les jours. Il me rappelle ces moments privilégiés passés en la compagnie douce, paisible et profonde de Christian, et me confirme le sentiment de sa présence aimante toujours vive.
Annie Toussaint-Bensaïd, septembre 2021
